Saisir / dé-saisir. CI et Alexander avec Matthieu Gaudeau. 3,4 et 5 janvier

Un stage organisé par l’association ENVOL !

spirale

Bonjour à tou.te.s !

Je suis ravie de vous annoncer ce stage, proposé par Matthieu Gaudeau.

C’est le premier module d’une exploration sur le thème « saisir / dé-saisir » qui se poursuivra en mai (1, 2 et 3 mai). Vous pouvez choisir de vous inscrire pour les deux stages ou pour un seul, le premier ou le deuxième.

Pour s’inscrire au premier stage : Cliquer ICI

Pour s’inscrire au second stage : Cliquer ICI

Saisir dé-saisir 

Je vous propose d’explorer et d’éclaircir durant ces deux week-ends de stage certains de nos mécanismes attentionnels en jeux dans la prise de conscience.
Il est intéressant de constater que l’approche initiale du contact improvisation proposée par Steve Paxton peut être décrite comme un « dispositif pour faire émerger de nouveaux gestes ». En soi, cela pourrait-être une définition possible de l’improvisation et cette approche requiert donc un entraînement spécifique à l’inattendu et une qualité d’attention qui le permet.
Voici comment Steve Paxton décrit les premiers pas de la recherche qu’il a développée en Contact improvisation.
« Avant que je puisse commencer à entraîner les sens des étudiants, il me semblait que quelque chose devait se passer dans leur cerveau. En reconnaissant que nous ne commençons pas à bouger à partir de zéro, que nous savons d’abord un désir ou une image pour lancer le système dans l’action, j’ai décidé que j’avais à travailler dans le domaine des images, quoique prudemment. Les images devaient être bien réelles. […]
Cela s’apparente au genre de mobilisation qui advient quand nous cherchons un objet perdu – d’abord, la pensée de cet objet, ensuite le mouvement des yeux, la tête qui tourne, on se met debout, on se tourne vers différentes directions, on se déplace jusqu’à un nouveau point de vue ou un endroit où pourrait se trouver l’objet. Tout ceci apparaît comme conséquence de l’image mentale de l’objet désiré. […]
Le premier travail était d’attirer l’attention sur cette connexion image/action. Ensuite, il fallait produire des exercices qui le démontrent dans différentes parties du corps. Par exemple, je proposais un exercice mental quand les personnes étaient debout: « Imaginez, mais ne le faites pas, imaginez que vous êtes sur le point de faire un pas avec votre pied gauche. Quelle est la différence? En restant où vous êtes. Imaginez… (répétition de la même proposition). Imaginez que vous allez faire un pas avec votre pied droit. Avec le gauche. Avec le droit. Le gauche. Restez immobile. » 
A ce point de légers sourires commençaient parfois à poindre sur les visages et je me doutais qu’ils avaient ressenti l’effet. Ils étaient partis dans une promenade imaginaire et avaient senti leur poids répondre subtilement (mais réellement) à l’image; […]
Un des choix fut donc d’observer ces tout petits mouvements que le corps produit lorsqu’il se tient debout. J’ai réalisé qu’ils étaient des exemples d’actions réflexes. Ils n’étaient pas dirigés par la conscience qui observe. Les étudier pouvait exercer la conscience à comprendre la vitesse des réflexes sans entrer dans une expérience d’urgence qui est le moment où nous sommes la plupart du temps conscients de nos réflexes. 
Quand nous allions commencer à improviser en Contact, nous allions être confrontés à beaucoup d’exemples d’actions réflexes, mais ils nous seraient de peu d’utilité vu que la conscience peut facilement se détourner de ces expériences de mouvements réflexes. En d’autres mots, nous pouvons faire quelque chose sans le savoir. Cela suffit pour préserver utilement l’intégrité du corps, mais ça ne permet pas d’exercer la conscience; il  reste un trou dans la connaissance de l’expérience. […]
Pourquoi est-ce que je donne une telle importance à la pleine conscience? Parce qu’on peut sentir la conscience changer selon ce qu’elle expérimente. Si un trou dans la conscience surgit à un moment critique, nous perdons une opportunité d’apprendre du moment. Un black out qui dure des fractions de seconde durant un roulé n’est pas acceptable comme une pleine conscience du roulé, et le trou va rester intégré comme faisant partie de la sensation générale de ce mouvement. Si la conscience reste ouverte pendant ces moments critiques, elle en aura une expérience et elle va élargir sa conception pour y faire correspondre la nouvelle expérience. 
L’expansion de ce qu’elle peut dépeindre va devenir un nouveau fondement pour le mouvement. »
Steve Paxton, Texte publié in Contact Quarterly, volume 18, 1, 1993, sous le titre « Drafting interior techniques.
Dans ce texte, nous voyons que Steve Paxton décrit plusieurs modes de conscience, (ce que la phénoménologie nomme conscience pré-réfléchie ou conscience en acte et conscience réfléchie). Mais nous devons encore avancer d’un pas si nous voulons nous orienter plus finement dans l’expérience et avoir recourt aux mécanismes attentionnels.
Si nous nous appuyons sur la description que donne la phénoménologie de l’attention, à savoir, l’attention comme les modulations des objets de la conscience, nous voyons que dans notre expérience, nous ne saisissons jamais la conscience directement, nous ne la saisissons que par ce dont nous avons conscience, donc par son contenu. Si maintenant on fait l’expérience imaginaire d’un sujet qui vise un contenu particulier, à travers un acte unique comme de voir, et que l’on pense ce rapport constant pendant un moment, alors même dans cette constance quelque chose peut encore varier, tantôt c’est un certain intérêt qui organise ce que je regarde, tantôt un autre. Ces variations de découpage ou éclairage selon lesquelles on a conscience à travers un acte particulier (voir) d’un contenu donné. Ces variations sont précisément les phénomènes que l’on regroupe sous le terme d’attention.
C’est précisément une grande part du travail en technique Alexander que de prendre conscience (conscience réfléchie) de ces variations en jeu dans l’expérience et de constater comment la prise de conscience de ces variations ( et donc la possibilité de jouer avec) influencent et facilitent considérablement ma danse.

Détails pratiques :

Pour s’inscrire : Cliquer ici

Ouvert à toutes et tous, à partir de 16 ans.

Lieu : Cap Danse

11 Bis Rue De La Frébardière

35510 CESSON-SÉVIGNÉ

Date : du 3 au 5 janvier : 15 heures de cours

Horaires  :

Vendredi 3 : 10h30 à 17h30 avec une heure de pause le midi

Samedi 4 : 10h30 à 17h30 avec une heure de pause le midi

Dimanche 5 : 10h30 à 13h30

Prix 150 euros (tarif pour les zoizeaux qui se lèvent tôt et paient avant le 15 décembre : 130 euros)

Renseignements et contact : envol.contactimpro@gmail.com ou Alice  : 06 80 83 35 37

Inscriptions : ICI

Au plaisir de vous y retrouver !

Alice pour Envol