Toucher, bouger, être touchéE en pleine liberté, atelier de CI à Rennes avec Sarah Gottlieb et Aurore Valverde 17 et 18 février.

Toucher, bouger, être touchéE en pleine liberté

Introduction aux valeurs Queer

 

atelier STANT

Nous proposons de vivre le contact physique comme un ouverture vers tous les possibles du mouvement. Ceci implique d’identifier et choisir chaque toucher, autant initié que reçu. L’accepter ou pas quand je le reçois, le transformer, l’enrichir ou lui trouver une fin ; être conscientE de mon propre toucher et tout ce qu’il embarque (poids, rapidité, intention, émotions…).

Le CI est une communication non verbale, nous cherchons à affiner ses outils et ouvrir des espaces de paroles là où le non verbal peut encore prêter à confusion, selon l’expérience et le vécu de chaque personne et chaque instant.

Les ingrédients de communication improvisée que notre approche invite à visiter pendant ces deux jours sont :

La conscience du groupe,

L’écoute de soi,

L’écoute de l’autre,

L’exploration de nos bizarreries et singularités,

La dynamique de duo, focus sur « liberté et équivalence » (équivalence car nous sommes différentEs mais apportons chacunE à la danse et en chaque moment, donc à valeur égale, valeur souvent amenée par nos différences !),

Nous voulons explorer ceci transversalement à l’attention constamment portée à ce que signifient intimité et sécurité ; au RDV continu donné en territoire d’audace et joie !

 

Parmi les outils techniques, nous voyagerons dans de nouvelles formes de mouvement focalisées sur le poids, le contrepoids et les spirales. Comment se reçoit l’information tactile ? Où se trouve la liberté de mouvement ? Jusqu’où j’écoute et qu’est-ce que j’écoute ? Où est-ce que je te rencontre dans l’architecture invisible de ce que nous partageons ? Quel est notre timing ? …

Enfin, le choix du Queer est plus largement explicité dans notre « note d’intention ». Nous y trouvons des questions et réponses communes (à nous deux), sur l’aspect communicationnel de l’improvisation, dans la résistance aux standards (sociaux, performatifs, esthétiques, artistiques et même de danse) et l’affirmation de la diversité des corps dans leur représentation et le mouvement comme une richesse : le « contre-courant » en outil de création et volonté d’égalité par l’inclusivité.

Notre invitation pour ce week-end se résume dans l’expansion de nos perceptions à la découverte des infinies possibilités de la magie d’une Danse Partagée.

 

 

Sarah Gottlieb

Sarah Gottlieb

Originaire de Chicago (USA) réside actuellement à Madrid. Elle oriente et spécialise tant son travail de danseuse, chorégraphe, que celui de pédagogue, autour de la rencontre entre improvisation et féminisme. Sa recherche dans le mouvement se base sur l’anatomie expérientielle et les voies que cette forme d’écoute ouvre à l’exploration du corps par le corps.

Sarah enseigne régulièrement dans des ateliers de danse Contact Improvisation, et intervient également dans le cadre de JAMs et festivals à Madrid et aux Etats-Unis, au sein du West Coast Contact Improvisation Jam en Californie, notamment.

En 2015-2016, Sarah aura été directrice artistique de GLACIER : l’évènement le plus important et « historique » du Nord USA. Elle a aussi donné moult classes et cours en Universités ainsi que dans les collèges et écoles. Elle a enfin collaboré à nombreux projets féministes, non violents, anti-violence et des projets environnementaux, en tant que pédagogue et construisant des ponts vers chaque thématique, depuis le mouvement.

 

 

aurore gros plan

Aurore Valverde

Elle a été intervenante sociale à l’étranger (développement durable) et activiste de terrain en France (autour des questions de genre et de migrations), puis comédienne et enfin danseuse. Aujourd’hui elle solidifie les ponts entre ses convictions politiques, ses engagements personnels et sa vie artistique. Fascinée par ce que les corps enseignent : le sien, les autres… en danse et ailleurs, elle challenge les concepts d’accueil et d’assimilation : il ne suffit pas de ne pas exclure ; il faut inclure tout le monde dans Le Groupe et tout notre être dans nos danses. Pour Aurore, écouter et recevoir sont des actes, non des états (passifs).

Théâtre et Arts Martiaux sont ses influences, la Nature sa source de mouvement et, à mesure qu’elle cherche et trouve sa danse, elle commence à mettre en partage ses questionnements autour de la communication des corps, leur intégrité et leurs libertés individuellement ou ensemble. Elle performe et donne des ateliers en France et en Espagne, désireuse de proposer chez elle, en plein rural, la même qualité artistique et pédagogique qu’elle trouve dans certaines villes.

 

Sarah et Aurore se sont connues lors d’un festival autogéré et itinérant de CI l’été dernier, d’emblée elles ont eu envie de travailler ensemble, d’abord à Madrid puis dans le Tarn. Ce week-end sera l’occasion de leur seconde collaboration pédagogique.

Toutes les deux partagent une conscience féministe et une sensibilité Queer qu’elles souhaitent mettre au service du CI pour que nos jams soient ENCORE PLUS LIBRES grâce à une communication plus claire entre toutes les personnes engagées dans/par la danse partagée.

Informations pratiques

Le stage sera donné en français et anglais (Sarah parle anglais, Aurore français et anglais et elle traduira)

Ce stage ouvert à tous aura lieu au Grand Cordel, 18 rue des plantes, les 17 et 18 février  à Rennes. Débutants bienvenus.
Détails pratiques :
Samedi17 février : 11h00 – 17h00
Dimanche 18 février : 10h30 – 14h30 avec courte pause grignote, le repas se faisant après le cours.
Prix : 90 euros
Stage ouvert à tous à partir de 16 ans, sans prérequis
Pour s’inscrire : Envoyer un petit mail (pour vérifier qu’il reste de la place) puis 30 euros d’arrhes à Alice Le Guiffant, 35 bis rue de la Gare, 35 890 Bourg des Comptes.
Le stage sera suivi d’une jam de 15h30 à 18h30 ainsi que d’une auberge espagnole pour ceux qui souhaitent rester papoter un peu…
Au plaisir de vous rencontrer ou de vous retrouver pour partager la danse !
Alice

 

 

Pour aller plus loin :

Pourquoi le Queer et ça veut dire quoi ?
La proposition de cet atelier répond au besoin que nous observons en jams d’être mieux écoutées et de savoir nous faire mieux entendre pour ne jamais réduire le plaisir de la danse ou la spontanéité de l’impro. Dans sa définition, le CI implique un toucher désexualisé et sa pratique est non genrée. Cependant, il arrive encore souvent que des qualités de toucher dérangent (sans le vouloir et même sans le savoir) et que des rôles s’imposent (lead/follow, porteur/voltigeuse, patin/marionnettiste…). Si ces touchers et ces rôles sont des choix, nous cherchons à les clarifier pour toutes les personnes concernées. Souvent, ils sont reproduits de manière inconsciente et nous souhaitons partager des outils pour identifier les limites qu’ils posent afin de pouvoir les déconstruire ou jouer avec en toute sécurité/intégrité.
La Queer Culture pourrait se résumer en un mouvement social du quotidien dans lequel nous ne nous ressemblons pas et nos singularités mêmes sont notre outil commun contre la norme lorsqu’elle tend à nous formater/dominer, nous faire taire ou vivre une autre vie que la nôtre. Elle est donc basée sur le refus des normes arbitraires (ex. les danseuses sont sveltes).
Nous savons que le CI est né dans la dissidence et propose une pratique non normée, nous observons en parallèle que, assez naturellement et sans mauvaise intension, des standards sont déjà venus codifier implicitement nos jams et la plupart des performances (duo homme-femme, référence à la verticalité comme « axe majeur », touchers dirigeants, etc.).
Le Queer valorise le « contre courant » par la bizarrerie, la singularité et pour l’intégrité de chaque personne. Il nous aide à déconstruire la  représentation du « corps parfait » et du corps de danseur/euse. C’est également un courant de pensée au sein duquel la sensibilité personnelle est traitée comme un atout et non une faille : être pleinement soi pour être pleinement ! Toutes les sensibilités sont bienvenues, hors de toute hiérarchie.
Par ailleurs, la « Queer Theory » est un mouvement politique (peu relayé par chez nous) qui propose
  • Un changement des paradigmes sociétaux avec l’évolution de notre Justice sociale, attestée par l’amélioration du quotidien des personnes oppressées (historiques et/ou contemporaines). Exemple : Nous sommes FEMINISTES !
  • De nouveaux outils politiques et linguistiques (recherche en cours depuis un demi siècle) pour favoriser la liberté et la sécurité des personnes Queer (comprendre « hors norme », LGBT par exemple mais pas que : aussi les personnes en situation de handicap, issues de l’immigration, en situation post-traumatiques ou de marginalité…) qui pâtissent ou ont pâti de toute sorte de discrimination directe et indirecte (sempiternelle thématique de l’exclusion).
  • Une déconstruction totale du patriarcat pour pouvoir étudier depuis une base neutre les différents enjeux autour du genre, de la sexualité et des traditions familiales et relationnelles.
  • Une valorisation de tous les corps, dans leur apparence et expressions avec des modèles positifs pour toutes les formes et identités de genre.
  • Un réseautage avec les autres mouvements politiques qui partagent ses valeurs dans l’intersection entre toutes les résistances à toutes les dominations (race, sexe, âge, pouvoir d’achat, étiquette socio-professionnelle, etc.)
            La culture Queer nous offre donc un terrain de jeu et d’investigation passionnant du fait qu’elle rompt radicalement avec les codes culturels de genre et sexualité. Au delà des minorités et du féminisme, le Queer revendique la singularité de chacunE et la liberté d’être « exactement ce que je suis, au plus rare et bizarre de ce que mon identité recèle, dans ma multiplicité et mes sensibilités ». Aucun corps n’est identique mais nous sommes tous égaux et libres. Il est donc fondamental de s’assurer que tout ce qu’amènent nos danses soit consenti à chaque instant et non mécanique ou subi.
Comment repérer que je me censure avant d’avoir perdu le goût de l’impro ? Comment vérifier que l’Autre est d’accord avec ce que je propose même quand on danse vite ou avec humour ? Comment désamorcer les petites gênes avant qu’elles ne deviennent des problèmes ? et Comment partager la responsabilité de notre espace de jam pour que touTEs et chacunE s’y épanouisse(nt) ?
Pourquoi pas, aussi : Comment nos mouvements décolonisent l’inconscient collectif ? A quel endroit mon mouvement questionne le patriarcat ? Ou même : Quel paysage de ma danse fait obstacle à l’invasion technologique de nos corps par les nouvelles routines ? et Comment nos dansent résistent aux faux besoins que nous impose « un certain système » ? … !!! …
            Nous prenons le parti du Corps Politique (depuis son mouvement et sa respiration) car il est le siège immuable de chaque identité tout à fait unique. La danse est une exploration corporelle qui peut visiter tous les thèmes de la Vie, les réflexions personnelles et collectives qui, d’ailleurs, invitent aussi à d’autres formes d’expression (musique, parole, écriture, dessin, etc.). Une danse ne raconte pas moins une histoire qu’un livre ! A danser ensemble, même et surtout dans l’impro, nous racontons nos histoires.
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